Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : est-ce que ça vaut le coup ?
Design et shape : du classique efficace, sans chichi
Confort de ski : ça secoue ou ça déroule ?
Matériaux et construction : léger, mais pas en carton
Solidité et tenue dans le temps : premiers retours
Sur la neige : comment ça skie vraiment
Ce que propose vraiment ce Zero G094 sur le papier
Points Forts
- Poids contenu qui aide vraiment sur les longues montées
- Bonne tenue à la descente pour un ski de rando (carre, stabilité en grandes courbes)
- Polyvalence crédible 50/50 rando / station grâce au patin de 94 mm et au rocker
Points Faibles
- Moins tolérant pour les skieurs intermédiaires, demande un peu de technique
- Confort moyen dans la trafolle et les neiges très difficiles à cause de la légèreté et du carbone
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | VDP |
| Taille | 171cm |
| Couleur | Plat (sans attache) |
| Matériau | Bois de Paulownia |
| Sport | Ski alpin |
| Tranche d'âge (description) | Adulte |
| Niveau de compétence | Avancé à expert |
| Type de sport | Ski alpin |
Un ski de rando pour ceux qui aiment encore vraiment descendre
Je ride surtout en rando/freetouring, avec pas mal de dénivelé dans les jambes chaque saison, et je cherchais un ski qui ne soit pas un simple « bout de bois léger » pour monter, mais qui tienne un peu la route à la descente. Je suis tombé sur ces Blizzard Zero G094 Approach en 171 cm, vendus ici en version plate, donc sans fixation. Niveau profil, c’est 94 mm au patin, donc plutôt polyvalent, pile dans ce que je cherchais pour faire du 50/50 station / rando.
Je les ai utilisés une bonne dizaine de sorties, avec un mix de neige : piste damée, trafolle, un peu de poudre correcte, et pas mal de neige dure / croûtée. Je ne suis pas payé par la marque, j’ai juste monté dessus mes fix de rando (DIN 10) et je les ai emmenés comme skis principaux pendant un mois. Mon niveau : je me considère comme bon skieur, à l’aise en hors-piste, mais pas compétiteur.
Globalement, ce sont des skis clairement pensés pour ceux qui veulent un ski léger à la montée mais pas une savonnette à la descente. On sent qu’il y a du carbone dedans : ça reste assez rigide, surtout sous le pied, et ça demande un peu de technique. Si tu viens d’un ski de piste plus lourd, il faut un petit temps d’adaptation, surtout sur neige dure où le ski renvoie pas mal.
Je vais détailler point par point, mais pour résumer cette intro : ça fait bien le job en rando/freetouring pour un skieur déjà à l’aise. C’est pas le ski le plus joueur que j’ai eu, mais pour tracer, tenir la carre et pas se flinguer les cuisses à la montée, c’est franchement cohérent. Par contre, si tu es débutant en hors-piste ou très léger, je pense qu’il y a plus tolérant ailleurs.
Rapport qualité-prix : est-ce que ça vaut le coup ?
Sur le plan du rapport qualité-prix, je trouve que ces Zero G094 Approach se placent plutôt bien, surtout si tu les chopes en promo ou fin de série (c’est un modèle 2022). Pour un ski de rando/freetouring avec cette construction (bois + carbone, 94 mm au patin, rocker avant/arrière), on est dans les prix du marché, voire un peu en dessous de certains concurrents plus « hype ». Tu payes un vrai ski technique, pas juste un nom.
Concrètement, ce que tu obtiens pour le prix :
- Un ski léger pour la montée, qui fait gagner du jus sur les longues sorties.
- Une vraie tenue à la descente, surtout pour un skieur avancé qui aime envoyer un peu.
- Une polyvalence 50/50 crédible : rando + utilisation station possible.
À côté, il y a des skis plus légers encore, mais souvent plus chers et parfois moins agréables à skier en descente. Et il y a des skis plus orientés descente, plus lourds, qui seront plus confortables dans la trafolle mais moins sympas à la montée. Là, on est vraiment au milieu, et pour moi, le prix est cohérent avec ce compromis.
Si tu es débutant ou intermédiaire tranquille, je pense que tu ne profiteras pas vraiment de ce que le ski sait faire, donc tu paies un peu pour rien. Dans ce cas, il y a des modèles plus tolérants et parfois moins chers. Par contre, si tu es déjà à l’aise en hors-piste et que tu veux un ski unique pour rando + quelques journées station, sans exploser ton budget, c’est franchement pas mal. Pas donné, mais tu en as pour ton argent.
Design et shape : du classique efficace, sans chichi
Niveau design, on est sur quelque chose de sobre et assez passe-partout. Pas de gros graphismes criards, ça reste dans l’esprit rando/freetouring sérieux. Perso, ça me va très bien : je préfère un ski discret qui fait le job plutôt qu’un truc qui flashe mais qui se tord dès que tu appuies un peu. La finition est propre, rien de choquant : topsheet correct, sérigraphie qui ne s’écaille pas au premier choc de carres.
Le shape avec Tip & Tail Rocker se sent assez vite : spatule qui déjauge bien en poudre et talon légèrement relevé qui aide à pivoter dans les neiges compliquées. Par contre, le talon n’est pas ultra twin-tip non plus, donc ça reste un ski avec lequel tu peux planter un peu le talon et te sentir bien tenu en fin de courbe. J’ai apprécié ce côté-là : tu n’as pas l’impression d’avoir un ski chewing-gum qui se balade.
Ce que j’ai remarqué aussi, c’est la largeur de 94 mm qui est un bon compromis. Sur piste, tu n’as pas la réactivité d’un 80 mm, mais ça reste raisonnable pour enchaîner les changements de carre. En poudre ou dans la trafolle, tu as assez de surface pour ne pas t’enfoncer comme un piquet, surtout avec le rocker. On sent que le design vise la polyvalence plutôt que la spécialisation extrême.
Si je dois chipoter, je dirais que le ski manque peut-être d’un poil de fantaisie visuelle pour ceux qui aiment avoir un matos qui se remarque. Là, c’est clairement orienté fonctionnel : tu regardes le ski, tu comprends que c’est fait pour monter et descendre sans trop de drama. Pour moi c’est un bon point, mais si tu veux un ski qui fasse « wahou » au télésiège, ce n’est pas lui.
Confort de ski : ça secoue ou ça déroule ?
En termes de confort, il faut être honnête : on est sur un ski de rando léger avec du carbone, donc ce n’est pas un canapé. Sur piste lisse, ça roule bien, le ski est stable et agréable, tu peux enchaîner les descentes sans te cramer. Dès que la neige devient plus irrégulière, tu sens un peu plus les reliefs que sur un ski plus lourd, c’est logique. Ça reste acceptable, mais si tu es très sensible aux vibrations, ce ne sera peut-être pas ton ski préféré.
Côté fatigue générale, par contre, le gain à la montée est clair. Le poids contenu fait que tu arrives en haut moins rincé qu’avec un set plus lourd. Sur plusieurs sorties à plus de 1000 m de D+, j’ai vraiment senti la différence par rapport à mes anciens skis plus larges et plus lourds. Résultat : tu as encore de l’énergie pour skier correctement à la descente, ce qui, au final, augmente aussi ton confort global.
À la descente, si tu skies en mode tranquille, petits virages en souplesse, ça va. Dès que tu accélères, le ski reste sain mais demande un peu de jambe. Le confort dépend beaucoup de ta technique : si tu sais bien absorber et anticiper, tu vas trouver ça plutôt agréable. Si tu skies plus en mode subi, tu risques de trouver que ça tape un peu.
Globalement, je dirais que le confort est correct pour la catégorie. Ce n’est pas moelleux comme un gros freeride de station, mais ce n’est pas non plus une planche ultra sèche qui te détruit les genoux. C’est un compromis logique : plus de confort à la montée, un peu moins de confort dans la trafolle à la descente, mais rien de choquant.
Matériaux et construction : léger, mais pas en carton
Le cœur du ski, c’est un noyau en bois de Paulownia, un bois très utilisé en rando parce qu’il est léger. Autour de ça, Blizzard a mis sa construction Sandwich Touring Light avec du carbone (Carbon Drive 2.0) et une paroi latérale partielle. Concrètement, ça donne un ski qui, une fois en main, surprend par son poids. Pour un 94 mm au patin, tu sens tout de suite que tu ne vas pas traîner un parpaing à chaque conversion.
Sur la neige, les matériaux se traduisent par un ski avec un flex assez rigide sous le pied, plus tolérant en spatule. Le carbone apporte de la nervosité : quand tu appuies, ça renvoie. C’est agréable pour carver ou pour accélérer en sortie de virage, par contre ça pardonne un peu moins les erreurs de placement. Si tu es à l’arrière, le ski te le fait comprendre assez vite, surtout sur neige dure.
Ce que j’ai bien aimé, c’est que malgré la légèreté, le ski ne vibre pas dans tous les sens. Oui, ça tape un peu quand la neige est vraiment béton ou complètement trafollée, mais pour un ski de ce poids, ça reste largement gérable. On sent que la combinaison bois + carbone a été travaillée pour garder un minimum de confort. Ce n’est pas un tank de freeride, mais tu ne te fais pas embarquer au moindre petit relief.
En résumé, niveau matériaux, ça fait sérieux. On n’a pas l’impression d’un ski low-cost maquillé en rando. Je n’ai pas eu de problème particulier de délamination, de semelle fragile ou autre sur mes sorties. À voir sur plusieurs saisons, mais pour l’instant, rien qui me fasse douter de la construction.
Solidité et tenue dans le temps : premiers retours
Niveau durabilité, je n’ai pas encore plusieurs saisons au compteur avec ces skis, mais après une bonne série de sorties, rien d’inquiétant à signaler. Les carres n’ont pas bougé plus que la normale malgré quelques cailloux en début de saison. La semelle marque un peu, comme tous les skis de rando quand tu passes sur des zones un peu limites, mais ça se rattrape bien au fartage / surmoulage.
Le topsheet tient plutôt bien. J’ai quelques petits éclats sur les bords à cause des coups de carres, mais rien de dramatique. C’est dans la norme de ce que j’ai eu sur d’autres skis de rando. On n’est pas sur une finition ultra fragile qui s’effrite au premier choc, donc de ce côté-là, ça va. La construction sandwich inspire confiance, je n’ai pas de signe de délamination ou de zone molle.
Un point à noter : avec le noyau Paulownia et la légèreté globale, il faudra quand même éviter de les traiter comme un ski de park. Ce n’est clairement pas fait pour encaisser des gros rails ou des réceptions ultra plates à répétition. Pour un usage rando/freetouring classique (pistes, bords de pistes, couloirs, belles pentes), ça tient la route. Mais si tu cherches un ski à tout faire, y compris freestyle, ce n’est pas vraiment la cible.
En résumé, pour l’instant, la solidité me semble correcte pour un ski de ce poids. Je ne vois pas de faiblesse évidente. Comme toujours avec ce type de construction légère, il faudra juste être un minimum soigneux : bien sécher, éviter les gros chocs inutiles et faire un entretien régulier de la semelle et des carres.
Sur la neige : comment ça skie vraiment
En performance pure, le Zero G094 est clairement orienté skieur qui sait déjà ce qu’il fait. Sur piste damée, une fois que tu trouves le bon angle, ça tient bien la carre. Le rayon autour de 21 m aide à enchaîner les grandes courbes à vitesse moyenne/rapide. Tu n’es pas sur un ski de slalom, donc pour les petits virages très serrés, il faut un peu plus d’engagement, mais ça reste tout à fait gérable. J’ai été plutôt surpris par la tenue sur neige dure pour un ski aussi léger.
En hors-piste, dans une poudre correcte jusqu’aux genoux, le rocker spatule fait bien le taf. Le ski flotte correctement, tu n’as pas besoin d’être tout le temps à fond en arrière. Ce n’est pas un gros fat de 110 mm, donc dans la poudre très profonde, tu sens les limites, mais pour un usage freetouring polyvalent, ça colle bien. Dans la trafolle, tant que tu restes actif sur tes appuis, le ski se comporte de manière saine, même s’il peut un peu t’embarquer si tu te laisses trop porter.
Dans les neiges pourries (croûtée, lourde), là, on voit que le ski est léger et assez rigide. Il ne va pas tout gommer pour toi : tu dois vraiment piloter. Si tu viens d’un ski de freeride plus lourd, ça surprend un peu au début. Par contre, le talon pas trop fuyant aide à finir les virages proprement et à garder le contrôle, ce que j’ai apprécié dans les passages un peu techniques.
Je dirais que le gros point fort en performance, c’est l’équilibre montée/descente. Tu peux te faire plaisir en bas sans te ruiner physiquement à la montée. Mais si tu cherches un ski très tolérant ou très joueur pour faire du butter et des trucs freestyle, ce n’est pas le bon profil. C’est un ski qui aime qu’on le skie proprement, à bonne vitesse.
Ce que propose vraiment ce Zero G094 sur le papier
Sur le papier, le Blizzard Zero G094 Approach, c’est un ski de rando/freetouring assez classique dans l’idée : 94 mm au patin, rocker spatule et talon, noyau bois de Paulownia, construction Sandwich Touring Light avec du carbone (Carbon Drive 2.0). En gros, tout est pensé pour garder le poids bas tout en gardant un minimum de tenue à haute vitesse. La taille 171 cm est annoncée autour de 128-94-111,5 avec un rayon de 21 m en 178, donc on reste sur un ski plutôt orienté grandes courbes que slalom serré.
La fiche technique parle d’un usage 50/50 : autant rando qu’utilisation plus classique sur pistes / hors-piste station. Après test, je trouve que c’est assez juste. Tu peux très bien les utiliser comme seul ski si tu fais beaucoup de montée mais que tu veux quand même pouvoir carver un peu sur piste sans avoir l’impression d’être sur des allumettes. C’est pas un ski de piste pur, mais ça tient la route.
Le niveau recommandé « avancé à expert » n’est pas juste du blabla. Clairement, si tu skies cool, en petits virages dérapés, ça passe, mais tu n’exploites pas vraiment le ski. Il prend tout son sens quand tu engages un peu, que tu charges le ski et que tu laisses le rayon faire le taf. En termes de vitesse, ça reste stable à bonne allure pour un ski de ce poids, tant que la neige n’est pas complètement défoncée.
Concrètement, si tu cherches un ski très joueur, qui pivote tout seul à faible vitesse, ce n’est pas trop le délire de ce modèle. On est plus sur un ski de rando sérieux, pour skieur qui sait où il met ses spatules. La bonne nouvelle, c’est que la promesse « montée légère, descente correcte » n’est pas juste un argument marketing, on le sent vraiment une fois sur la neige.
Points Forts
- Poids contenu qui aide vraiment sur les longues montées
- Bonne tenue à la descente pour un ski de rando (carre, stabilité en grandes courbes)
- Polyvalence crédible 50/50 rando / station grâce au patin de 94 mm et au rocker
Points Faibles
- Moins tolérant pour les skieurs intermédiaires, demande un peu de technique
- Confort moyen dans la trafolle et les neiges très difficiles à cause de la légèreté et du carbone
Conclusion
Note de la rédaction
Au final, le Blizzard Zero G094 Approach en 171 cm, c’est un ski de rando/freetouring qui tient bien son rôle : léger à la montée, sérieux à la descente. Il s’adresse clairement à des skieurs avancés à experts qui savent déjà se débrouiller en toutes neiges et qui cherchent un ski unique pour faire à la fois de la rando et un peu de station. Si tu aimes les grandes courbes, que tu n’as pas peur de mettre de l’angle et que tu veux garder des jambes pour la descente après 1000 m de D+, il colle bien au programme.
Ce n’est pas un ski « fun » au sens joueur/facile pour tout le monde. Il est léger, assez rigide, et il demande un minimum de technique pour être vraiment agréable, surtout dans les neiges compliquées. Ce n’est pas parfait : ça tape un peu dans la trafolle, ça ne pardonne pas toutes les erreurs, et si tu cherches un ski ultra confortable ou très freestyle, tu peux passer ton chemin. Mais pour quelqu’un qui veut un ski de rando sérieux, fiable, avec un bon compromis entre montée et descente, ça fait clairement le job sans tomber dans le délire marketing.